« L’agriculture, c’est compliqué dans la vente en circuit court »
À une époque où la diversification dans l’agriculture devient une nécessité, Chantal Vannieuwenhuyse, avec le soutien de son mari, relève le double défi de renouer avec le local et de réorienter l’exploitation agricole. Cela fait maintenant une dizaine d’années qu’elle vend en circuit court, dans sa ferme « La Cense du Maire », au niveau de l’élevage bovin essentiellement. De nos jours, est-ce si simple de faire de l’artisanat local ?

Débutant d’abord avec des personnes qu’elle connaissait et voir ce qu’ils les intéressaient, Chantal rattrape une population constituée principalement de jeunes adultes. Cela représente un changement dans la mentalité des consommateurs achetant par le biais de l’artisanat local : « Des parents éduquent déjà leurs enfants dans la même logique », explique-t-elle.
Le circuit court était, selon elle, la meilleure solution car travailler avec des grosses entreprises est équivalent à être payé d’une manière misérable sur les denrées proposées. Or, avec ce système sans intermédiaires, c’est gagner sa vie sur les produits mis en vente et être son propre patron. À l’ère où le numérique domine, la particularité de Chantal est, de loin, de ne pas faire partie de cette population utilisant les réseaux sociaux pour faire leur publicité. Pour promouvoir ses produits, rien de plus traditionnel qu’un bon vieux SMS et le bouche-à-oreille. Le sens relationnel est un des traits les plus marquants de sa personnalité, connaitre ses clients est, pour elle, le plus important.
« La PAC, c’est ce qui a tué l’agriculture »
Dans les journaux, à la radio, à la télévision, sur Internet, en bref, les médias diffusent les beaux côtés de l’artisanat local mais pour la plupart, nous ne voyons pas toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les artisans locaux. Ces derniers ne sont pas valorisés à leur juste valeur, loin de là, les pouvoirs publics semblent les entasser de plus en plus avec des tas de dettes à payer. S’ajoutant à cela, les nouvelles réformes de la PAC qui, au contraire, ne les aident pas non plus mais imposent de plus en plus de contraintes aux agriculteurs : « Il y a toujours quelque chose qui fait que « c’est dommage on aimerait bien vous donner plus mais on ne peut pas ». Finalement, ça devient un seul gros marchand qui vit avec tout le monopole du marché ». Malgré tout, l’espoir peut encore se faire ressentir : « L’agriculture, à l’avenir, est possible si on reste dans la diversification, le tout est de le faire avec passion », conclue Chantal.
Aurélie Hennard